HYPNOSE SEXOTHÉRAPIE EN LIGNE
Sonia Reboul > Tous les articles Hypnose et Sexualité > Pourquoi je parle davantage du/au corps en thérapie ?
Depuis quelque temps, je remarque que le corps dans son ensemble, (c’est à dire corps-mental-esprit-conscient-inconscient) prend de plus en plus de place dans ma manière de travailler. Dans mes séances, dans mes méditations, dans l’hypnose, dans l’EMDR, mais aussi dans ma façon de comprendre certaines difficultés liées à l’anxiété, au désir, à la sexualité ou aux expériences traumatiques.
Pendant longtemps, notamment avec la psychanalyse et ses débouchés, nous avons beaucoup appris à comprendre ce qui nous arrive. À mettre des mots. À analyser. À identifier les schémas, les pensées, les émotions. Et tout cela reste précieux. Mais il arrive aussi que l’on comprenne parfaitement une situation… et que le corps continue à réagir. C’est ce dont je parle dans l’article Mon corps savait avant moi : ce qu’un stage de chant m’a appris sur les traumatismes.
Car même lorsque notre esprit conscient a compris, malgré tout parfois le ventre se serre. Le souffle devient plus court. Le cœur accélère. Le bassin se crispe. Le sommeil se modifie. Le désir s’éloigne. Une sensation de vigilance reste présente alors même que, rationnellement, nous savons qu’il n’y a plus de danger.
C’est souvent là que le travail corporel devient particulièrement intéressant. Pas pour remplacer la parole. Mais pour ouvrir une autre porte.
Il y a des moments où l’on comprend très bien ce qui nous arrive. On sait pourquoi une situation nous touche. On identifie l’origine d’une peur. On reconnaît un schéma, une habitude, une ancienne réaction. On peut même parfois raconter avec beaucoup de précision ce qui se joue.
Et pourtant, le corps continue à crier, à dire l’alerte à sa manière. Le ventre se serre. Le souffle se raccourcit. Le cœur accélère. Les épaules montent. Le bassin se crispe. Le sommeil devient plus léger. Le désir se fait plus discret.
C’est là que quelque chose devient intéressant. Parce qu’à ce moment-là, la question n’est plus seulement : qu’est-ce que je comprends ? Elle devient aussi : qu’est-ce que mon corps continue à vivre ?
J’accorde de plus en plus de place à cette nuance dans mon travail. Je ne veux pas opposer la parole au corps, ni dire qu’il faudrait choisir entre comprendre et ressentir. Je place le corps et le travail somatique au centre parce qu’il existe des situations où l’analyse a déjà fait une grande partie de son chemin, alors que le corps, lui, n’a pas encore suivi.
On peut savoir rationnellement qu’un danger est passé et continuer à se tendre. Savoir qu’une relation est différente des précédentes et rester pourtant sur ses gardes. Comprendre les mécanismes de l’anxiété sexuelle et continuer à surveiller son excitation au moment même où l’on aimerait simplement être présent.
Le mental peut avoir compris ET le corps peut continuer à se préparer, à anticiper, à retenir.
C’est souvent à cet endroit précis que le travail devient moins une question d’explication et davantage une question d’expérience. L’expérience de retrouver le souffle et une respiration naturelle. Sentir les appuis, ressentir nos émotions et nos sensations. Observer ce qui se passe dans le ventre, dans la poitrine, dans le bassin. Remarquer ce qui se contracte, ce qui s’éloigne, ce qui demande peut-être simplement un peu plus d’espace.
Il ne s’agit plus seulement de savoir. Il s’agit aussi de permettre au corps de vivre autre chose.

Avant même que nous ayons formulé une pensée, quelque chose peut déjà avoir bougé. On peut appeler cela l’intuition, le fluide, l’énergie qui circule, peu importe.
Le corps ne remplace pas la réflexion, mais il apporte une autre information. Et cette information est parfois très rapide. Nous pouvons passer plusieurs minutes à nous demander ce que nous ressentons alors que le corps, lui, a déjà modifié sa posture, son souffle, son tonus, sa façon d’occuper l’espace.
C’est pour cela que je reviens souvent à des choses très simples en séance ou dans mes méditations.
Où est ton souffle ? Que fait ton ventre ? Comment sont tes épaules ? Est-ce que ton bassin est présent ou presque absent de ta perception ? As-tu envie de bouger ? De te rapprocher ? De t’éloigner ? D’ouvrir les yeux ? De les fermer ?
Ces questions et bien sûr, l’observation directe ne servent pas à rechercher un message caché dans chaque sensation, non, on ne va pas faire de notre corps une énigme à décoder en permanence. C’est même à l’opposé de l’objectif.
S’écouter profondément, oser enfin se percevoir intérieurement, c’est simplement à remettre de l’attention là où nous avions parfois pris l’habitude de ne plus regarder. Et cela peut changer beaucoup de choses.
Parce qu’une sensation remarquée devient déjà différente d’une sensation subie dans le brouillard. Une tension que l’on localise précisément n’occupe plus forcément tout le corps. Un souffle que l’on sent revenir dans le ventre peut modifier la manière dont on traverse une émotion. Un bassin que l’on recommence à habiter peut redevenir un lieu de mouvement, de stabilité, mais aussi de désir et de plaisir.
C’est aussi pour cela que le travail corporel avec l’hypnose somatique et l’EMDR somatique m’intéresse autant aujourd’hui. Il ne demande pas toujours d’aller chercher très loin. Parfois, il commence simplement ici. Dans ce que le corps est déjà en train de raconter, avant même que les mots arrivent.
Quand une sensation est inconfortable, le premier réflexe est souvent de vouloir qu’elle disparaisse. C’est bien normal. On cherche à calmer le cœur qui accélère, à détendre le ventre qui se serre, à faire redescendre une tension, à retrouver rapidement un état plus agréable.
Mais plus je travaille avec le corps, plus je trouve intéressant de commencer ailleurs. Avant de demander au corps de changer, commencer par le retrouver. Sentir précisément où quelque chose se passe. Observer la température. La densité. Le mouvement. La contraction. La façon dont le souffle circule autour.
Très souvent, une sensation change simplement parce qu’elle n’est plus combattue. Parfois, elle reste exactement la même, mais un peu plus bas, un peu plus sourde… Et ce sont des informations précieuses.
Ce qui compte à mon sens, ce n’est pas d’obtenir immédiatement du calme. C’est de recréer une relation avec ce qui est là. C’est aussi pour cela que j’utilise de plus en plus le souffle, les scans corporels, l’hypnose somatique, le tantra moderne et les exercices de présence dans les séances mais aussi sur Intimité Consciente, mon podcast.
Ces exercices ramènent vers des choses très simples. Le poids du corps. Les points d’appui. Le ventre qui se soulève. Le bassin qui devient plus présent. La peau. La chaleur. Le contact avec la chaise, le lit, le sol. On cesse peu à peu d’observer son corps de l’extérieur pour recommencer à l’habiter de l’intérieur. Et ce déplacement devient précieux. Parce qu’à force de surveiller ce que l’on ressent, comme si on avait en permanence une caméra fixé sur nous en gros plan, on finit parfois par ne plus sentir grand-chose autrement qu’à travers le filtre du mental. Le corps devient alors un objet à contrôler, à évaluer, à corriger.
Une expérience plus directe. Plus simple. Plus vivante.

La sexualité rend cette question particulièrement évidente. On peut vouloir avoir envie. Vouloir être excité, avoir une érection ou lubrifier. Vouloir jouir et se détendre et constater que le corps ne répond pas simplement parce que nous avons décidé qu’il devrait le faire.
C’est même souvent l’inverse. ➫ Plus on surveille, plus on vérifie, plus on attend une réaction précise ➫ plus la sexualité risque de devenir une expérience observée plutôt que vécue. Et les difficultés apparaissent alors !
C’est ce que je rencontre dans mon travail : le corps est là, mais la personne est déjà ailleurs. Dans l’anticipation, dans l’analyse, dans la question de savoir si ça fonctionne, si ça va tenir. Si le désir va venir et si le plaisir sera suffisant. Et pire ! Si l’autre va remarquer quelque chose.
À ce moment-là, revenir au corps ne signifie pas lui demander de mieux fonctionner. Cela signifie retrouver les sensations qui précèdent parfois toutes ces questions. Le souffle. La peau. La chaleur. Le contact. Le mouvement. Le bassin. L’envie de se rapprocher ou de ralentir. La façon dont une sensation agréable commence, parfois très discrètement, avant même que l’on puisse la nommer.
Le désir et le plaisir ont besoin de cette disponibilité. Pas d’un corps parfait. Pas d’un corps qui répond sur commande. D’un corps suffisamment présent pour pouvoir ressentir ce qui se passe.
Et c’est précisément là que le souffle, les pratiques corporelles et l’hypnose sont très intéressants en sexothérapie. Car ils permettent de quitter progressivement cette position de spectateur de sa propre sexualité pour revenir à quelque chose de plus immédiat et retrouver, peu à peu, une sexualité vécue de l’intérieur.
Il y a une autre évolution qui me semble importante. Dans notre société plus que jamais dans l’histoire, nous parlons souvent du corps comme de quelque chose qu’il faudrait corriger. Le corps est trop souvent pas assez. Pas assez musclé, tendu, sculpté, fit, désirant… Il est trop gros, flasque, la peau est abimée, réactive, il est fatigué, malade parfois… Et lorsque le corps devient un problème à résoudre, un objet que l’on surveille, un ensemble de réactions qu’il faudrait réussir à modifier…
Bref, est-ce que cette manière de regarder, de juger notre corps ne finit pas par créer une distance supplémentaire avec lui, avec nous, avec les autres ?
C’est une autre question que je préfère aujourd’hui : comment est-ce que j’habite mon corps ? Est-ce que je le sens vraiment ? Est-ce que je remarque quand quelque chose se ferme ? Quand quelque chose s’ouvre ? Quand le souffle change ? Quand une émotion arrive ? Quand une envie apparaît ? Quand une limite se dessine ?
Et oui, car alors, cette façon d’écouter transforme déjà la relation que l’on entretient avec soi. On passe peu à peu de : « Qu’est-ce qui ne fonctionne pas chez moi ? » à :
« Qu’est-ce qui est en train de se passer en moi ? »
Et ce déplacement est très important. Parce qu’un corps habité n’est pas un corps parfait. C’est un corps avec lequel on recommence à être en relation. Un corps que l’on écoute. Que l’on reconnaît. Que l’on laisse parfois nous surprendre. Il y a des jours où l’on ressent beaucoup. D’autres où presque rien ne vient. Des moments où le désir est présent. D’autres où il se retire. Des périodes où le corps semble très accessible. Et d’autres où il faut du temps pour retrouver le contact.
Tout cela fait partie de l’expérience.
Le travail corporel ne cherche pas à effacer ces variations. Il permet plutôt de rester en lien avec elles. Et retrouver confiance dans notre système entier.
C’est aussi pour cette raison que mes méditations évoluent. J’ai de plus en plus envie de proposer des expériences qui passent directement par le souffle, les sensations, le mouvement intérieur, l’imaginaire corporel. Des séances où l’on ne cherche pas seulement à « se détendre », mais à retrouver une présence plus fine à ce qui se passe dans le corps.
Cette rentrée a commencé sur Intimité consciente avec Respirer dans son ventre, une méditation très simple en apparence, qui nous ramène vers le souffle, le ventre et le bassin.
Nous continuerons tout au long de ces prochains mois avec des méditations, des scans corporels et des hypnoses somatiques qui nous feront voyager de plus en plus profondément dans notre histoire corporelle, nos sensations, notre intuition et notre manière d’habiter le présent.
L’idée est d’explorer le système dans son ensemble, de l’apaiser et de retrouver davantage de présence, de conscience et de douceur intérieure.
Nous poursuivrons également le parcours Tantra, avec la Micro-orbite, qui nous invitera cette fois à laisser ce qui s’éveille dans le bassin circuler plus largement dans le corps.
La série Apaiser le mental pour revenir au corps continuera elle aussi de s’enrichir avec de nouvelles séances autour de la confiance corporelle, des espaces entre les pensées, du silence et de la présence.
Et en décembre commencera une nouvelle série : Le Parcours Somatique, avec une première séance intitulée Ton corps est un endroit sûr.
Tous ces contenus suivent finalement le même fil. Retrouver le souffle. Retrouver les sensations. Redonner de la place au corps. Et voir ce qui devient possible lorsque l’on commence à l’habiter autrement.
On me pose souvent la question et je ne crois pas qu’il faille choisir entre comprendre et ressentir. Oui, la parole reste essentielle et mettre des mots permet de donner du sens, de relier les expériences, de reconnaître ce qui se joue. Mais les mots nous permettent également de créer des images et c’est avec ces images qu’une autre forme d’expérience prendre sa place.
Revenir au corps commence exactement là : dans le fait de sentir que l’on est ici. Et qu’à cet instant, on peut simplement rester avec cela. Comprendre quand c’est nécessaire. Ressentir quand les mots deviennent trop nombreux et laisser cette articulation entre les mots, le corps, le souffle, les émotions, l’intimité et la conscience que j’ai envie de continuer à explorer dans mon travail. Pour réapprendre à être simplement là et prendre le temps de s’en réjouir.
Je suis Sonia Reboul, sexothérapeute, psycho-praticienne en hypnose, psychothérapie émotivo-corporelle et thérapies brèves.
J’accompagne en consultation en ligne les femmes et les hommes confrontés à des difficultés sexuelles, relationnelles ou émotionnelles. Troubles de l’érection, éjaculation précoce, baisse du désir, douleurs pendant les rapports, vaginisme, anxiété de performance, difficultés de couple, traumatismes ou estime de soi : chaque accompagnement est adapté à votre histoire et à votre rythme.
Mon approche est intégrative. Elle associe la sexothérapie, l’hypnose, les thérapies brèves, l’EMDR, la thérapie narrative, le travail corporel et la relaxation, afin de prendre en compte la personne dans toutes ses dimensions.
Je crois profondément qu’une difficulté sexuelle ne définit jamais une personne. Comme l’écrivait Michael White, fondateur de la thérapie narrative : « La personne n’est pas le problème. Le problème est le problème. »
J’accorde une grande importance à une relation thérapeutique respectueuse, humaine et dénuée de jugements ou de visions normatives de la sexualité.
Les consultations se déroulent exclusivement en ligne, dans un cadre confidentiel et bienveillant.
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