Sonia Reboul

HYPNOSE SEXOTHÉRAPIE EN LIGNE

EMDR SOMATIQUE SONIA REBOUL

EMDR somatique : le corps au centre du travail thérapeutique

Au fil des années, ma pratique est devenue de plus en plus somatique. Aujourd’hui, j’accorde moins d’importance au récit du traumatisme qu’à la manière dont il continue à vivre dans le corps. C’est cette approche, très personnelle, que je décris ici.

Lorsque je me suis formée à l’EMDR, j’ai découvert une approche thérapeutique d’une richesse incroyable. J’ai rapidement constaté à quel point elle pouvait aider certaines personnes à sortir de souvenirs traumatiques qui semblaient parfois figés depuis des années. Pourtant, au fil de ma pratique, une question revenait régulièrement.

Était-il toujours nécessaire de replonger aussi profondément dans le souvenir pour permettre au cerveau de le retraiter ? Nécessaire de revivre le trauma, minute après minute, les émotions aussi intensément ? Nécessaires les pleurs, les cris parfois, les tremblements, l’angoisse ? 

Je voyais certaines personnes repartir soulagées, oui. D’autres, en revanche, avaient besoin de plusieurs jours pour retrouver leur équilibre après une séance particulièrement intense.

Je tiens à préciser que je ne remets absolument pas en cause cette manière de pratiquer l’EMDR. Elle aide énormément de personnes et continue d’être très précieuse. Mais je sentais intuitivement qu’il existait une autre voie.

Une voie plus douce. Une voie où le corps pourrait devenir le véritable guide de la thérapie.

Au même moment, mes années de pratique en hypnose, en sexothérapie et dans les approches centrées sur les sensations corporelles me montraient chaque jour la même chose.

Le corps parle. Avant les mots. Parfois même mieux que les mots.

Une oppression dans la poitrine. Une gorge qui se serre. Un ventre qui se contracte. Une respiration qui se bloque. Et vous en connaissez d’autres, propres à vous, à votre histoire.

Ces sensations ne racontent pas seulement ce qui s’est passé. Elles racontent surtout ce qui continue à se passer, ici et maintenant.

C’est progressivement de cette rencontre entre l’EMDR et le travail corporel qu’est née ma manière d’accompagner les traumatismes.

Aujourd’hui, je ne cherche plus à faire raconter une histoire. Je cherche à écouter un corps.

Parce que je suis convaincue qu’il porte déjà en lui une grande partie du chemin vers l’apaisement.

Le corps a son histoire que l'EMDR peut apaiser

Le jour où j’ai compris que le corps savait déjà

Une histoire parmi tant d’autres

Chaque thérapeute porte sa propre histoire, son vécu, son expérience. Je suis intimement convaincue que sa résilience apporte quelque chose dans chaque accompagnement. Je sais également que les thérapies par la parole, celles où le mental prennent toute la place peuvent remédier à certains biais de pensées, de comportements, certaines schémas… Toutefois, je sais également, au plus profond de moi, que des traumatismes trop ancrés, anciens, répétés ont besoin de davantage. 

Prenons un cas concret. Une femme, de fonctionnement atypique (cf : TDA, TSA, HP…), vit dans son enfance et son adolescence des expériences et situations traumatiques répétés. À la fois à l’école, au collège, dans les clubs et associations qu’elles fréquentait, des groupes entiers la placent en bouc émissaire, et s’acharnent, parfois pendant des années. À cette époque, on ne parlait pas de harcèlement, les adultes se détournaient en pensant se donner bonne conscience (« Ah, les enfants… »). 

À la maison, pas de répit, elle vit des violences psychologiques, verbales et souvent également physiques de la part de son jeune frère. Quotidiennement. Là également, les adultes, parents et famille n’interviennent pas ou peu. Ne protègent pas. Parfois même accentuent : « tu n’es pas assez, tu es trop, c’est toi qui provoque, arrête, tu es l’ainée, tu es méchante… ».

Des scènes très difficiles, très dures, répétées :  humiliations, rejets, abandons, injustices, insultes, agressions, une insécurité, une culpabilisation à l’extrême (« c’est ta faute, fond-toi dans la masse ») et une solitude profonde sans possibilité de soutien, juste le repli dans la honte. Les émotions sont congelées, le corps devient un étau qui protège. 

Quand le mental avance… mais que le corps reste en arrière

Au fil des années, la femme évolue, grandit, se protège dans une vie douce, réfléchit, travaille sur elle. Elle comprend que vit en elle une grande force de résilience, elle fait de son atypie un atout, elle fait des choix forts. Elle construit son autonomie, sa confiance, rehausse son estime d’elle-même et se sent mieux dans sa vie, ses émotions, ses pensées. Son mental s’est apaisé. 

Son mental oui… Mais son corps… Son corps, lui, semble ne pas vivre au même rythme… Comme s’il était resté coincé dans le passé. Comme si d’un côté, elle avançait dans les collines verdoyantes de la Comté, et de l’autre, le Mordor avec l’Oeil de Sauron qui scrute tout et tout le temps… (pour celles et ceux qui n’ont pas la référence, voir Le seigneur des anneaux).

Le système nerveux n’oublie pas les configurations

Parce que parfois, le corps continue parfois de réagir comme si le danger était encore présent. Pas uniquement face à un conflit. Mais dans toutes les situations où il retrouve inconsciemment un décor familier.

Un groupe. Une réunion. Un stage, une formation. Un repas où les conversations se croisent. Une équipe déjà constituée. Et plus particulièrement encore lorsqu’il s’agit d’un groupe de femmes. Parce que, pendant des années, ce sont elles qui ont incarné les humiliations, les moqueries, les exclusions et le rejet. 

Le système nerveux n’a pas retenu des visages. Il a retenu une configuration.

Il a appris qu’un groupe pouvait devenir imprévisible. Que s’y faire une place pouvait coûter cher.

Alors, sans même qu’on en ait conscience, le corps se prépare. Les épaules se tendent. Le souffle devient plus court. La vigilance augmente. Une partie de nous observe les regards. Analyse les intonations. Cherche inconsciemment les signes d’un danger qui, pourtant, (la plupart du temps) n’existe plus. Ou mieux : dont on saurait se défendre, ou se soustraire aujourd’hui. Adulte. 

Lorsque le corps n’a pas encore reçu le message

Pourtant, cette femme sait, son mental est calme, son mental a compris, il a travaillé. Il a tout décortiqué, il est résilient. Elle sait aussi qu’elle sait aujourd’hui se défendre. Qu’elle est entourée de belles personnes. Elle est en sécurité. Oui, parfois son corps le sait. Dans son cocon, il sait se détendre, s’apaiser, rire, jouer, respirer, jouir de la vie.

Mais pas encore lorsque des situations trop proches des trauma reviennent…

Ce que le corps attend vraiment

Le corps n’a pas besoin qu’on lui explique une nouvelle fois ce qui s’est passé. Il a besoin de vivre, dans le présent, une expérience suffisamment sécurisante pour comprendre que ce qui était vrai autrefois ne l’est plus aujourd’hui.

Le corps a besoin de davantage. De temps, d’écoute, d’attention, de considération, de réparation, d’amour, de tendresse, de patience. Le corps a besoin de sécurité et de vivre des expériences différentes. encore et encore.
Des expériences où il n’a plus à se protéger. Où il peut respirer. Se relâcher. Ressentir. Alors, seulement, petit à petit, le système nerveux apprend alors quelque chose qu’aucun raisonnement ne pouvait lui enseigner : le danger est terminé.

Ce n’est pas une compréhension intellectuelle. C’est une expérience profondément corporelle.

Jusqu’au jour où l’apaisement ne reste plus seulement une idée. Il devient une sensation. Une respiration plus libre. Des épaules qui ne se crispent plus. Un ventre qui se détend. Un système nerveux qui découvre enfin qu’il peut cesser de surveiller.

Alors, l’Œil de Sauron perd peu à peu sa puissance. Il devient, pour moi, la Bonne Mère marseillaise. Une présence familière, paisible, protectrice. Et les collines verdoyantes de la Comté peuvent enfin s’étendre.

C’est ce que je cherche aujourd’hui à offrir au corps grâce à l’EMDR. Non pas lui apprendre une nouvelle histoire. Mais lui permettre de vivre, dans toute sa profondeur, l’expérience de la sécurité.

Je ne cherche plus l’histoire, je cherche le corps

Pendant longtemps, comme beaucoup de praticiens formés à l’EMDR, je pensais que le souvenir devait occuper une place centrale. Il fallait raconter. Retrouver les images. Les émotions. Les pensées.

Aujourd’hui, ma manière de travailler est différente. Je n’ai plus besoin que la personne me raconte tous les détails de ce qu’elle a vécu.

Bien sûr, il est important que je comprenne ce qui l’amène. Mais une fois ce cadre posé, je ne cherche plus à reconstruire toute l’histoire. Le corps la connaît déjà. Il l’exprime parfois depuis des années. Dans une respiration qui reste bloquée. Dans une gorge qui se serre. Dans une poitrine oppressée. Dans un ventre qui se contracte. Dans une mâchoire qui refuse de se détendre.

Ces sensations sont déjà une porte d’entrée. Elles racontent moins le passé que la manière dont le système nerveux continue de le vivre aujourd’hui.

Mon travail consiste alors moins à retrouver ce qui s’est passé qu’à accompagner le corps jusqu’à l’endroit où il pourra enfin terminer ce qu’il n’avait jamais pu terminer.

Souvent, ce qui semblait figé recommence simplement à circuler.

Un exemple de séance EMDR somatique

Je pense à une patiente qui arrivait avec une sensation d’oppression dans la poitrine. Elle savait à quoi cette sensation était liée.

Mais je ne lui ai pas demandé de me raconter à nouveau les événements. Je lui ai simplement proposé de rester quelques instants avec cette oppression. De l’observer. Sans chercher à la faire disparaître. Sans l’analyser. Simplement sentir.

Au début, la respiration était courte. Les épaules étaient hautes.

Puis, progressivement, quelque chose a changé.

Le souffle est devenu plus ample. Les épaules se sont relâchées. Des larmes douces sont venues naturellement. Aucun souvenir supplémentaire. Aucune scène rejouée. Seulement un corps qui retrouvait peu à peu la possibilité de faire ce qu’il n’avait pas pu faire jusque-là.

Lorsque nous avons terminé la séance, elle m’a regardée et m’a simplement dit :

“Je me sens plus légère.” Cette phrase résumait tout. Cela est suffisant.

➫ Lire également : Thérapie EMDR après un trauma sexuel et Qu’est ce que l’EMDR ? 

EMDR somatique : mon approche et ma pratique par Sonia Reboul

Pourquoi cette approche me semble plus respectueuse

Je ne pense pas qu’il faille éviter les émotions. Bien au contraire, elles sont pour moi au coeur du travail thérapeutique.

En revanche, j’ai appris avec le temps qu’il était souvent possible de les accueillir sans demander au corps de revivre toute la violence du traumatisme.

Chaque personne possède son propre rythme. Chaque système nerveux a sa manière de retrouver un équilibre.

Je préfère aujourd’hui suivre ce rythme plutôt que de vouloir accélérer le processus.

Le corps n’a pas toujours besoin de raconter. Il a souvent besoin d’être entendu. Et lorsqu’il se sent enfin écouté, il trouve bien souvent lui-même le chemin vers l’apaisement.

L’EMDR devient alors une rencontre avec soi

Dans cette manière de travailler, il y a souvent beaucoup de silence. Nous observons. Nous respirons. Nous laissons les sensations apparaître, évoluer, parfois disparaître. Le regard suit les stimulations bilatérales. Le souffle accompagne le mouvement. Le corps fait son travail.

Je n’attends pas une émotion spectaculaire. Je ne cherche pas une réaction particulière. Il n’y a rien à réussir. Rien à prouver. Seulement un espace où la personne peut progressivement retrouver le contact avec elle-même.

Pour moi, c’est probablement ce qui définit le mieux cette évolution de ma pratique. L’EMDR n’est plus seulement une technique de retraitement du traumatisme.

Il devient un moment où le corps peut enfin retrouver suffisamment de sécurité pour reprendre sa place. Et lorsque cela arrive, les changements sont souvent beaucoup plus profonds que ce que les mots auraient pu raconter.

Et pour finir,

Au fil des années, ma manière de pratiquer l’EMDR a profondément évolué. Je n’ai pas cherché une nouvelle méthode, j’ai seulement voulu apporter de la douceur et de l’ancrage afin d’éviter les réactions violentes, j’ai appris à faire davantage confiance au corps.

Aujourd’hui, je suis convaincue que nous n’avons pas toujours besoin de revivre un traumatisme dans toute son intensité pour permettre au système nerveux de retrouver un équilibre. Bien souvent, il suffit de lui offrir un espace suffisamment sécurisant pour qu’il puisse enfin faire ce qu’il n’avait jamais eu la possibilité de faire : ressentir, traverser, puis laisser circuler.

Je continue à m’appuyer sur les fondements de l’EMDR, les mouvements bilatéraux notamment, mais je laisse désormais les sensations corporelles guider une grande partie du travail. Une respiration qui s’approfondit, une tension qui s’apaise, une chaleur qui apparaît, des épaules qui descendent ou des larmes douces qui viennent naturellement m’apprennent souvent davantage que de longs récits.

Chaque personne avance à son rythme. Chaque corps possède son propre langage.

Et je considère aujourd’hui que mon rôle n’est pas de conduire ce chemin à sa place, mais de créer les conditions pour que ce langage puisse enfin être entendu.

C’est cette approche, profondément respectueuse du rythme de chacun, que je propose aujourd’hui en séance. Parce qu’au fond, je ne cherche plus seulement à apaiser un souvenir. J’accompagne avant tout un corps qui tente, parfois depuis des années, de retrouver le sentiment qu’il est enfin en sécurité.

Je suis Sonia Reboul, sexothérapeute, psycho-praticienne en hypnose, psychothérapie émotivo-corporelle et thérapies brèves.

Hypnose sexologie en ligneJ’accompagne en consultation en ligne les femmes et les hommes confrontés à des difficultés sexuelles, relationnelles ou émotionnelles. Troubles de l’érection, éjaculation précoce, baisse du désir, douleurs pendant les rapports, vaginisme, anxiété de performance, difficultés de couple, traumatismes ou estime de soi : chaque accompagnement est adapté à votre histoire et à votre rythme.

Mon approche est intégrative. Elle associe la sexothérapie, l’hypnose, les thérapies brèves, l’EMDR, la thérapie narrative, le travail corporel et la relaxation, afin de prendre en compte la personne dans toutes ses dimensions.

Je crois profondément qu’une difficulté sexuelle ne définit jamais une personne. Comme l’écrivait Michael White, fondateur de la thérapie narrative : « La personne n’est pas le problème. Le problème est le problème. »

J’accorde une grande importance à une relation thérapeutique respectueuse, humaine et dénuée de jugements ou de visions normatives de la sexualité.

Les consultations se déroulent exclusivement en ligne, dans un cadre confidentiel et bienveillant.

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