HYPNOSE SEXOTHÉRAPIE EN LIGNE
Pendant longtemps, j’ai surtout reçu en consultation de sexothérapie des hommes qui souffraient d’éjaculation précoce. Aujourd’hui, je vois de plus en plus l’inverse.
Et au début, cela m’a clairement étonnée ! Des hommes, souvent jeunes, qui débutent leur vie sexuelle et qui tiennent vingt, trente, parfois quarante minutes de pénétration seule, sans pause, sans « sortie », sans même changer de position… et surtout sans parvenir à éjaculer. En les écoutant, j’ai compris que beaucoup pensent que le sexe c’est ça, et que pénétrer aussi longtemps est une qualité. Après tout, notre société répète sans cesse qu’un homme devrait durer le plus longtemps possible. Et c’est ce que le porno tend de plus en plus à mettre en avant…
Pourtant, la réalité de notre sexualité de couple et de la sexualité masculine sont souvent bien différentes. Car, ce que ces hommes me racontent c’est surtout qu’au fil des semaines, les rapports deviennent épuisants ET ennuyeux ! Le corps et le bassin fatiguent. Les sensations diminuent, la concentration, le désir et le plaisir aégalement. La partenaire commence à avoir mal. Des irritations apparaissent. Parfois des mycoses à répétition, ou des infections urinaires.
Le plaisir laisse progressivement place à la frustration. Et certains couples finissent même par redouter ou abandonner les rapports sexuels.
Et tout cela me laisse à penser que , contrairement aux idées reçues, durer toujours plus longtemps pour durer toujours plus longtemps n’est pas forcément le signe d’une sexualité épanouie.
Notre société véhicule une idée simple : Un homme qui dure longtemps est un bon amant. Et à la l’heure des réseaux, beaucoup de jeunes grandissent avec cette croyance : ils pensent que pour être un bon amant, il faut tenir le plus longtemps possible en pénétration pure. Ne jamais montrer de fatigue. Ne jamais perdre son érection. Ne jamais s’arrêter.
Depuis quelques années, je rencontre en séance des jeunes hommes, et des couples qui se sentent totalement perdus face à cela. Ils ont l’impression de tout faire comme « on » leur a dit (sous-entendu, bien souvent, le porno, internet, les potes…), mais petit à petit leur sexualité est devenue mécanique, sans plaisir, sans partage, presque en mode « robot »…
Oui, ces nouvelles croyances engendrent des hommes qui tiennent trente ou quarante minutes de pénétration… et qui en souffrent. Ils n’arrivent plus à éjaculer et donc à avoir d’orgasme. Ils perdent leurs sensations et le lien à leur corps. Ils sentent bien que leur partenaire fatigue ou a mal (parce que, oui, au bout d’un moment, ça fait mal! Essayez de frotter vos doigts contre le creux de votre poignée pendant 20 minutes…). Certains commencent à s’ennuyer, leur esprit divague, et ils ne savent plus quoi faire…
Évidemment, leur partenaire souffre elle aussi. Et trop souvent, en silence. Le bassin devient sensible. Des douleurs peuvent apparaitre dans le corps, le dos, le bassin. Et inévitablement, la sphère génitale devient sensible : irritations, infections et mycoses s’invitent à répétition. La sécheresse vaginale également car il est rare qu’un corps féminin puisse lubrifier sans interruption pendant 40 minutes… A l’instar de leur partenaire masculin, ces jeunes femmes finissent par redouter le rapport sexuel, la pénétration ou même développer des symptômes tels que dyspareunies chroniques, vaginisme…
La première question que je pose à ces couples ou ces hommes qui viennent consulter souvent est très simple : Qui a décidé/ qui vous a dit qu’un rapport sexuel devait ressembler à une pénétration de trente ou quarante minutes ?
Revenons un peu en arrière. Pendant des milliers d’années, la sexualité humaine ne s’est jamais résumée à la pénétration. Elle est aussi faite de regards. De séduction. De baisers. De caresses. De mains. De bouche. De partage. De mouvements. De jeux. De pauses. De changements de rythme. De changements de positions…
Pourtant, beaucoup de femmes et hommes ont appris exactement l’inverse. Le rapport commencerait véritablement au moment de la pénétration. Et il ne serait réussi que lorsqu’elle se termine par un orgasme mutuel. (Waouh, bien des sujets de pression, non?)
De plus, cette vision est aujourd’hui largement entretenue par la pornographie mainstream. On y voit souvent des pénétrations interminables. Très peu de pauses. Très peu de sensualité. Très peu de communication. Comme si faire l’amour consistait uniquement à enchaîner les mouvements jusqu’à l’orgasme.
Là où cela commence à poser problème, c’est que beaucoup de jeunes adultes ont appris leur sexualité en regardant ces images. Et uniquement à travers cela. C’est à dire qu’il n’existe alors pas d’autres modèles. Voire même que beaucoup n’essaient même pas de trouver leur propre modèle…
Ils essaient alors de reproduire ce qu’ils ont vu. Ils pensent qu’il faut tenir pour bien pénétrer. Toujours plus longtemps.
Toujours comme dans les films porno, en oubliant peut-être que la pornographie c’est du cinéma réalisé pour exciter les hommes en priorité. Avec des acteurs et des actrices. Avec un montage, un plateau de tournage, des gens autour, un scénario, des effets, du maquillage… Ce n’est absolument pas la réalité de la sexualité humaine.
La sexualité n’a jamais été une compétition d’endurance. L’objectif n’est pas de battre un record de durée. Je pense que pour la plupart des couples, l’objectif de la sexualité est de partager un moment de plaisir ensemble.
Et c’est peut-être d’abord autour de ce mot qu’il est bon de s’interroger. Qu’est ce que le plaisir sexuel et comment ressentir ce plaisir ? Sans trop m’avancer, je pense qu’en premier lieu, ce plaisir naît justement de la variété. Du jeu. Des changements de rythme. Des moments où l’on s’arrête. Où l’on s’embrasse. Où l’on se regarde. Où l’on explore autrement. Où l’on se sent en vit, libre, dans ses sensations, en ayant envie de donner du plaisir à l’autre, oui, mais en acceptant aussi d’en recevoir et en ressentir…
Finalement, la question n’est peut-être pas : « Combien de temps avez-vous duré ? »
Mais plutôt : « Est-ce que vous avez réellement vécu ce moment… ou avez-vous simplement essayé de tenir le plus longtemps possible ? »
Je vais être claire : il n’existe pas une seule explication. Bien sûr, car chaque histoire est différente. Mais, au fil des consultations, je retrouve souvent les mêmes mécanismes.
Beaucoup de ces hommes ne manquent ni de désir, ni d’excitation. Ils ont surtout appris, parfois sans s’en rendre compte, une certaine manière de vivre leur sexualité.
Certains contrôlent tellement leur excitation qu’ils n’osent plus la laisser monter. À l’inverse de l’éjaculation précoce, où l’excitation grimpe parfois tellement vite qu’elle devient impossible à accompagner, certains hommes restent comme bloqués juste avant le point de non-retour.
D’autres restent dans leur tête pendant tout le rapport. Ils réfléchissent. Ils observent leur partenaire. Ils se demandent si elle prend du plaisir. S’ils sont suffisamment performants. S’ils vont enfin réussir à jouir. Pendant ce temps, ils ne sont presque plus dans leurs propres sensations.
Il faut aussi savoir que le corps a tendance à « s’engourdir » lors de « tâches répétitives » : c’est un fonctionnement normal, habituel… (restez mal assis un pied coincé sous vos fesses pendant 40 minutes pour voir…) Donc bien évidemment, la même position, les mêmes allers-retours pendant 40 minutes… CQFD.
Le problème n’est donc pas une question de mécanique. Le vrai problème est trop souvent dans la manière dont leur cerveau et leur corps ont appris à fonctionner ensemble.
Le problème n’est pas la pornographie en elle-même. Le problème, c’est qu’elle semble être devenue la principale éducation sexuelle de toute une génération.
Je trouve cela tellement dommage, alors que internet nous ouvre les portes de l’histoire humaine ! Nous avons inventé l’art érotique. Et même des arts érotiques. Des manières de séduire, de s’approcher, de faire l’amour, nous sommes aujourd’hui plus libres que jamais dans l’histoire connue de l’humanité et pourrions enfin, profiter de nos corps, vivre et partager ces désirs, ces plaisirs et nous faisons exactement l’inverse.
Beaucoup de jeunes ont découvert le sexe sur un écran. Très (trop?) jeunes. Bien avant leur premier rapport. Ils ont appris qu’un homme devait durer très longtemps. Que la pénétration était le centre de la sexualité. Qu’il fallait être endurant(e). Qu’il fallait enchaîner les mouvements sans s’arrêter. Et que le rapport se terminait uniquement lorsque l’homme éjaculait.
À force de voir ces scénarios se répéter, certains finissent par croire que c’est ainsi que fonctionne la sexualité. Puis ils reproduisent ce qu’ils ont appris. Ils restent dans un mouvement répétitif. Cherchent à tenir toujours plus longtemps. Et oublient progressivement tout ce qui fait la richesse d’une rencontre : les pauses, les changements de rythme, les caresses, les regards, les mains, la bouche, le jeu.
J’observe aussi que certains hommes connaissent parfaitement ce qui les excite… sur un écran. Mais beaucoup moins ce qui les excite dans leur propre corps. Ils savent quelles vidéos regarder. Ils savent quel rythme utiliser pendant la masturbation. Mais ils ont parfois beaucoup de mal à sentir comment leur excitation évolue lorsqu’ils sont avec une partenaire. Leur attention est tournée vers l’extérieur. Vers les images. Vers le scénario. Vers la performance. Beaucoup moins vers leurs sensations.
À cela s’ajoutent parfois des habitudes de masturbation très installées. Toujours dans la même position. Toujours avec le même rythme. Toujours avec la même pression de la main. Le cerveau finit alors par associer l’éjaculation à un contexte extrêmement précis.
Le jour où les sensations sont différentes, avec un autre corps, un autre rythme, une autre stimulation, il lui faut parfois réapprendre.
Ce n’est pas une fatalité, bien sûr car le cerveau est capable d’évoluer tout au long de la vie. Mais cela demande souvent d’accepter une idée essentielle : retrouver une sexualité plus vivante ne consiste pas seulement à changer ce que l’on regarde.
Cela consiste aussi à réapprendre à sentir. À quitter progressivement le scénario. Pour revenir dans son propre corps. Et apprendre un nouveau dialogue : cela de la sexualité humaine partagée.
Bien sûr, retrouver une sexualité plus épanouissante ne consiste pas seulement à apprendre à éjaculer à nouveau, ou à mettre l’orgasme en objectif unique. Il s’agit souvent de redécouvrir une manière complètement différente de vivre l’intimité.
Sortir du scénario. Sortir du chronomètre. Sortir de l’idée qu’un rapport réussi se mesure au nombre de minutes de pénétration.
J’aime écrire ici que faire l’amour, ce n’est pas uniquement pénétrer. C’est explorer. C’est s’amuser, c’est changer de rythme et de position. S’arrêter. Revenir aux caresses. Aux baisers. À la bouche et au sexe oral (et pas uniquement pour « se finir »). Aux mains. Au souffle. Au regard. À la parole. Et aux sons. À tout ce qui fait que deux personnes se rencontrent réellement.
J’ai parfois l’impression que nous avons oublié à quel point la sexualité humaine est riche. Nous sommes probablement l’une des rares espèces à avoir développé un véritable art érotique. Et pourtant, beaucoup de couples finissent par réduire leur intimité à un seul geste répété pendant de longues minutes.
Retrouver une sexualité plus sereine passe par le corps. Si vous avez l’habitude d’être dans le contrôle, dans l’analyse ou dans la performance, je vous invite à découvrir cette méditation guidée issue de ma chaîne Intimité Consciente.
Elle vous aidera à ralentir, à revenir dans vos sensations et à retrouver une présence plus apaisée à votre corps.
🎥 Regarder la méditation : « Revenir dans son corps »
Je suis Sonia Reboul, sexothérapeute, psycho-praticienne en hypnose, psychothérapie émotivo-corporelle et thérapies brèves.
J’accompagne en consultation en ligne les femmes et les hommes confrontés à des difficultés sexuelles, relationnelles ou émotionnelles. Troubles de l’érection, éjaculation précoce, baisse du désir, douleurs pendant les rapports, vaginisme, anxiété de performance, difficultés de couple, traumatismes ou estime de soi : chaque accompagnement est adapté à votre histoire et à votre rythme.
Mon approche est intégrative. Elle associe la sexothérapie, l’hypnose, les thérapies brèves, l’EMDR, la thérapie narrative, le travail corporel et la relaxation, afin de prendre en compte la personne dans toutes ses dimensions.
Je crois profondément qu’une difficulté sexuelle ne définit jamais une personne. Comme l’écrivait Michael White, fondateur de la thérapie narrative : « La personne n’est pas le problème. Le problème est le problème. »
J’accorde une grande importance à une relation thérapeutique respectueuse, humaine et dénuée de jugements ou de visions normatives de la sexualité.
Les consultations se déroulent exclusivement en ligne, dans un cadre confidentiel et bienveillant.
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