Sonia Reboul

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Peur de l'abandon : quel impact dans la sexualité

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Peur de l'abandon : pourquoi influence-t-elle autant nos relations… et notre sexualité ?

La peur de l'abandon influence les relations amoureuses, la sexualité, la jalousie, le besoin d'être rassuré ou la peur de décevoir. Comprendre ses mécanismes.

Personne n’aime être rejeté. Personne n’aime être quitté. Personne n’aime avoir le sentiment de ne plus compter pour quelqu’un.

Nous avons tous besoin des autres.

D’être aimés. D’être choisis. D’avoir notre place. C’est profondément humain.

Pourtant, chez certaines personnes, cette peur de l’abandon, et/ou du rejet prend progressivement beaucoup plus de place. Elle pousse à vérifier si un message a été lu. À attendre une réponse avec angoisse. À regarder plusieurs fois les stories ou l’heure de connexion de son partenaire. À imaginer le pire lorsqu’il répond moins vite. À vouloir être constamment rassuré. Ou, au contraire, à garder tout le monde à distance pour ne jamais risquer de souffrir.

Ces comportements sont souvent interprétés comme de la jalousie, de la dépendance affective, un besoin de contrôle ou un manque de confiance en soi. Ils racontent pourtant souvent une même histoire. La peur de perdre le lien. Et cette peur peut influencer toute notre vie affective.

Elle peut aussi s’inviter dans notre sexualité. Car lorsque l’on a inconsciemment le sentiment que la relation pourrait se jouer pendant un rapport sexuel, la pression devient immense. La peur de l’abandon peut jouer sur :

  • L’érection.
  • L’éjaculation (rapide ou impossible).
  • Le désir.
  • Le plaisir et l’orgasme.
  • Le besoin de satisfaire l’autre.
  • L’autre passe en premier.

Beaucoup de nos schémas de pensées, de comportements, d’émotions… sont alors être influencés par cette peur profonde de l’abandon, parfois sans même en avoir conscience.

Sommaire

La peur de l’abandon est profondément humaine

Nous avons parfois tendance à parler de la peur de l’abandon comme d’un trouble psychologique. Personnellement, je ne vois pas les choses ainsi. Je crois que nous avons tous, à des degrés différents, peur de perdre les personnes qui comptent pour nous. Et ça, c’est juste profondément humain.

Nous sommes des êtres de lien. Depuis notre naissance, nous dépendons des autres pour survivre. Je donne souvent cet exemple : un nourrisson ne peut pas vivre seul. Il a besoin qu’on le nourrisse. Qu’on le protège. Qu’on le regarde. Qu’on réponde à ses besoins.

Notre cerveau s’est construit dans cette réalité. Il a appris très tôt qu’être entouré, aimé et protégé était une question de survie.

Même si notre vie d’adulte est très différente aujourd’hui, une partie de notre cerveau continue de réagir très fortement lorsque le lien avec une personne importante semble menacé. C’est pour cette raison qu’une rupture, un rejet ou une mise à l’écart peuvent parfois provoquer une souffrance immense. Bien plus importante que ce que l’on imagine.

Nous avons beau savoir, avec notre tête, que nous allons survivre… Notre corps, lui, peut vivre la situation comme un véritable danger. Ce qui change d’une personne à l’autre, ce n’est donc pas l’existence de cette peur. C’est son intensité. Chez certains, elle traverse la vie sans prendre trop de place. Chez d’autres, elle finit par influencer leurs choix, leurs relations… et parfois toute leur manière d’aimer.

Quand la peur de l’abandon dirige nos comportements

La peur de l’abandon ne dit pas toujours son nom. Elle ne se résume pas à une personne qui répète en boucle : « Ne me quitte pas. »

Le plus souvent, elle s’exprime à travers des comportements que nous connaissons tous.

  • Regarder si le message a été lu.
  • Attendre une réponse avec impatience.
  • Regarder une nouvelle fois si l’autre est connecté.
  • Vérifier ses stories.
  • Se demander pourquoi il ou elle répond moins vite qu’hier.
  • Imaginer immédiatement qu’il y a un problème.
  • Envoyer un deuxième message.
  • Puis un troisième.

À l’inverse, certaines personnes réagissent exactement à l’opposé.

  • Elles répondent plusieurs heures plus tard.
  • Évitent de trop s’attacher.
  • Gardent toujours une porte de sortie.
  • Disent qu’elles n’ont besoin de personne.
  • Évitent les relations sérieuses.

Mais, derrière ces comportements très différents, il existe parfois une même peur. La peur de souffrir. La peur d’être quitté. La peur de revivre une blessure déjà connue.

En consultation, je rencontre aussi des personnes qui cherchent constamment à faire plaisir. Vous savez ? Celles qui n’osent jamais dire non. Qui acceptent des situations qui ne leur conviennent plus. Qui s’excusent sans cesse. Qui pensent devoir mériter l’amour de l’autre. Ou qui vivent chaque désaccord comme le début d’une rupture.

Bien sûr, aucun de ces comportements ne prouve, à lui seul, une peur de l’abandon. Nous avons tous déjà envoyé deux messages de suite ou attendu une réponse avec impatience.

En revanche, lorsque ces réactions deviennent envahissantes, répétitives, qu’elles alimentent la souffrance ou finissent par diriger nos choix, elles racontent souvent quelque chose de plus profond.

Et cette peur ne s’arrête pas à la porte de la chambre ou de l’intimité. Elle accompagne aussi beaucoup de personnes dans leur vie sexuelle, souvent sans qu’elles en aient conscience.

Pourquoi certaines personnes vivent cette peur de l'abandon intensément

Pourquoi certaines personnes vivent cette peur beaucoup plus intensément

Nous naissons donc tous avec le besoin de créer des liens et on se construit notamment dans cet axe-là. En revanche, nous n’apprenons pas toutes et tous de la même manière que ces liens et ces relations sont sûrs, sécurisants.

Certaines personnes ont grandi dans un environnement où elles se sont senties aimées, protégées et écoutées. Elles ont appris, souvent sans même s’en rendre compte, qu’une relation pouvait traverser un conflit sans disparaître. Que l’on pouvait être en désaccord sans être rejeté. Que l’on pouvait décevoir sans perdre l’amour de l’autre. On appelle cela un environnement « Secure ».

A l’opposé, d’autres ont connu une réalité différente faite d’absence affective (ex : un parents souffrant d’une profonde dépression), de chantage affectif, de séparations, d’un parent imprévisible, de violences physiques, psychologiques ou émotionnelles. Parfois des humiliations ou des moqueries répétées. Les blessures d’injustice répétées, de trahison, une ou des ruptures douloureuses, des deuils non pris en compte, du harcèlement…  Ou tout simplement plusieurs expériences qui leur ont progressivement appris une chose :

Les relations peuvent s’arrêter du jour au lendemain. Tu n’es pas en sécurité.

Le cerveau enregistre alors cette idée : un lien fait souffrir. Aimer fait souffrir. Alors, notre système devient plus vigilant, plus sensible au moindre signe de distance, plus rapide à imaginer le pire.

Il faut bien se dire que ce fonctionnement n’est pas un choix. C’est une manière de se protéger. Lorsqu’on a déjà souffert, il est logique que notre cerveau essaie d’éviter que cela se reproduise. Le problème, c’est qu’à force d’anticiper l’abandon, la rupture, le rejet, certaines personnes finissent par vivre dans une vigilance permanente. Elles analysent tout :

  • Les messages.
  • Les silences.
  • Les regards.
  • Les changements de ton.
  • Les habitudes.

Comme si leur cerveau cherchait sans cesse à répondre à une seule question : « Est-ce que je risque de perdre cette personne ? » Et cette vigilance finit souvent par s’inviter dans l’intimité.

Quand la sexualité devient le reflet de cette peur

En effet, la sexualité est probablement l’un des endroits où nous sommes les plus vulnérables. Nous nous montrons nus. Nous nous exposons. Nous espérons être désirés, aimés et acceptés.

Et parfois, sans même nous en rendre compte, nous donnons au rapport sexuel une importance immense. Il ne s’agit plus seulement de partager un moment agréable. Il faut que tout se passe bien. Il faut être à la hauteur. Il faut être belle/beau. Il faut donner du plaisir. Il faut durer. Il faut avoir une érection ou bien lubrifier. Il faut jouir au bon moment.

Comme si le rapport sexuel allait décider de l’avenir de la relation.

En consultation, j’entends souvent des phrases comme :

  • « J’avais peur qu’il/elle ne me rappelle plus. »
  • « Je voulais tellement que cette histoire fonctionne. »
  • « Si je ratais ce premier rapport, je pensais que c’était fini. »

Ces femmes et ces hommes ne souffrent pas uniquement d’une difficulté sexuelle. Ils vivent souvent un immense enjeu relationnel. Le rapport devient une manière de vérifier qu’ils sont désirables. Qu’ils sont suffisants et qu’ils méritent d’être aimés.

Et plus cet enjeu est important… Plus le corps se met sous pression. C’est là que peuvent apparaître pour les hommes des difficultés d’érection, cette éjaculation très rapide ou, à l’inverse, une impossibilité à jouir. Et pour les femmes, l’impossibilité d’accéder à l’orgasme, le vaginisme, l’absence ou la perte de lubrification, le manque de désir

Le problème est donc rarement uniquement sexuel. Très souvent, notre sexualité devient le miroir de ce qui se joue à l’intérieur de soi et dans la relation. Et parfois même, le miroir d’une peur beaucoup plus ancienne.

Apaiser la peur de l'abandon et construire des relations saines et une sexualité épanouie

La contre-dépendance : l’autre visage de la peur de l’abandon

Lorsque l’on parle de peur de l’abandon, beaucoup imaginent immédiatement une personne qui s’accroche à son partenaire. Qui a constamment besoin d’être rassurée. Qui ne supporte pas la distance.

Pourtant, la peur de l’abandon peut prendre une forme exactement opposée. Certaines personnes décident, souvent sans en avoir conscience, de ne plus dépendre de personne.

  • Elles gardent leurs émotions pour elles.
  • Elles évitent de demander de l’aide.
  • Elles préfèrent rompre avant d’être quittées.
  • Elles prennent leurs distances dès que la relation devient sérieuse.
  • Elles donnent parfois l’impression d’être très indépendantes.

Mais cette indépendance est parfois une armure. Car lorsque l’on est convaincu que l’attachement finit toujours par faire souffrir, il paraît plus simple de ne jamais s’attacher complètement. La dépendance affective et la contre-dépendance semblent opposées.

En réalité, elles racontent souvent la même histoire : la peur de perdre le lien.

L’une cherche à retenir l’autre. L’autre cherche à ne plus avoir besoin de lui. Dans les deux cas, ce n’est plus la relation qui guide les comportements. C’est la peur.

👉 Si ce sujet vous parle, vous pouvez également lire mes articles sur la dépendance affective et sur la contre-dépendance affective, qui développent plus largement ces deux fonctionnements.

Peut-on sortir de ce fonctionnement ?

Oui, bien sûr. Le truc, ce que l’on a tendance à vouloir se rassurer par des mots comme :  « Il faut que j’arrête d’avoir peur. »… Ce qui ne fonctionne généralement pas. Car cette peur, comme toutes nos peurs non concrètes, ne disparaît pas parce qu’on décide qu’elle n’a plus sa place. Elle est très ancienne, profonde. Elle s’est souvent construite au fil des années. La plupart du temps depuis l’enfance. Une partie de nous a toujours essayé de nous protéger de ce qui était censé nous faire souffrir.

C’est là qu’apprendre que le premier pas consiste donc d’abord à la reconnaître. À observer ce qu’elle nous pousse à faire. On peut se poser ces différentes questions :

  • Est-ce que je cherche sans cesse à être rassuré ?
  • Est-ce que je contrôle ?
  • Est-ce que j’évite les conflits par peur d’être quitté ?
  • Est-ce que je préfère fuir les relations avant qu’elles deviennent importantes ?
  • Est-ce que ma sexualité est devenue une manière de prouver que je mérite d’être aimé ?

Ces questions ne servent pas à se juger. Au contraire. Grâce à cette reconnaissance de nos ressentis, de nos émotions, de nos schémas, nous pouvons reprendre progressivement la main. Car lorsqu’on comprend enfin ce qui dirige certains de nos comportements, il devient possible de choisir autrement. Petit à petit. Pas à pas.

La peur ne disparaît pas toujours complètement. Et c’est une bonne chose : elle nous permet de reconnaître car, effectivement, il existe un danger !

En revanche, elle cesse progressivement de décider à notre place. Et c’est souvent là que les relations deviennent plus simples. Plus libres. Et que la sexualité retrouve, elle aussi, davantage de spontanéité.

Quand consulter ?

Il n’est pas nécessaire d’attendre qu’une relation se termine pour demander de l’aide. Consulter peut être utile lorsque vous avez l’impression de revivre toujours les mêmes scénarios. Lorsque chaque silence devient une source d’angoisse. Lorsque la peur de perdre l’autre prend plus de place que le plaisir d’être avec lui. Lorsque la sexualité devient un examen permanent, une façon de rassurer l’autre… ou de vous rassurer vous-même. Ou tout simplement lorsque vous sentez que cette peur influence vos choix, vos relations ou votre bien-être.

En consultation, nous ne cherchons pas à faire disparaître cette peur par la force. Nous essayons de comprendre comment elle s’est construite. Pourquoi elle est encore aussi présente aujourd’hui. Et surtout, comment retrouver progressivement des relations où le lien ne repose plus sur la peur, mais sur la confiance.

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Je suis Sonia Reboul, sexothérapeute, psycho-praticienne en hypnose, psychothérapie émotivo-corporelle et thérapies brèves.

Hypnose sexologie en ligneJ’accompagne en consultation en ligne les femmes et les hommes confrontés à des difficultés sexuelles, relationnelles ou émotionnelles. Troubles de l’érection, éjaculation précoce, baisse du désir, douleurs pendant les rapports, vaginisme, anxiété de performance, difficultés de couple, traumatismes ou estime de soi : chaque accompagnement est adapté à votre histoire et à votre rythme.

Mon approche est intégrative. Elle associe la sexothérapie, l’hypnose, les thérapies brèves, l’EMDR, la thérapie narrative, le travail corporel et la relaxation, afin de prendre en compte la personne dans toutes ses dimensions.

Je crois profondément qu’une difficulté sexuelle ne définit jamais une personne. Comme l’écrivait Michael White, fondateur de la thérapie narrative : « La personne n’est pas le problème. Le problème est le problème. »

J’accorde une grande importance à une relation thérapeutique respectueuse, humaine et dénuée de jugements ou de visions normatives de la sexualité.

Les consultations se déroulent exclusivement en ligne, dans un cadre confidentiel et bienveillant.

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