Sonia Reboul

HYPNOSE SEXOTHÉRAPIE EN LIGNE

question sexualité : pourquoi la pénétration est toujours au centre de la sexualité

Sonia Reboul > Tous les articles Hypnose et Sexualité > Pourquoi la pénétration est toujours au centre de la sexualité

Pourquoi la pénétration est toujours au centre de la sexualité

Pourquoi la pénétration est-elle considérée comme l'acte principal du rapport sexuel ? Découvrez comment notre culture, le porno et nos croyances influencent notre sexualité.

Très souvent, lorsque je demande à un couple comment s’est passé son dernier rapport sexuel, la réponse se concentre sur la sacro-sainte pénétration.

Comme si tout le reste n’avait pas existé. Les baisers. Les caresses. Les mains. La bouche. Les regards. Les rires. Les pauses. Les frissons. Tout disparaît. Il ne reste plus qu’une seule question : « Combien de temps a duré la pénétration ? »

Cette manière de raconter notre sexualité est tellement ancrée que nous n’y faisons même plus attention. Comme si le rapport commençait réellement au moment de la pénétration. Et qu’il se terminait lorsque l’homme éjacule.

Pourtant, cette « méthode sexuelle » est loin d’être une évidence et loin d’être notre seule option.

Elle est le résultat de notre histoire, de notre culture, de notre éducation sexuelle… mais aussi, aujourd’hui, de la pornographie. Dans cet article, je vous propose de prendre un peu de recul.

Non, je ne vais pas vous dire que la pénétration est inutile et qu’il faut faire sans… Au contraire, la pénétration peut être profondément intime, sensuelle et source de plaisir pour les deux partenaires, lorsqu’elle est utilisée dans ce sens.

Dans cet article, je vous invite à prendre de la hauteur, et du recul pour comprendre pourquoi la pénétration du pin is dans le vagin est devenue, dans notre imaginaire collectif, presque l’unique manière de « faire l’amour ».

Sommaire

Pourquoi la pénétration est devenue le symbole du rapport sexuel

Lorsque l’on demande à quelqu’un : « Est-ce que vous avez eu un rapport sexuel ? » La plupart des personnes pensent immédiatement à la pénétration. Comme si elle définissait, à elle seule, ce qu’est le sexe. Pourtant, cette idée est loin d’être une évidence.

Pendant des siècles, la pénétration a surtout été considérée comme l’acte qui permettait de faire des enfants. C’était sa fonction biologique et procréatrice.

Mais l’être humain ne se résume pas à la reproduction. Nous avons développé quelque chose d’unique. Une immense richesse érotique. L’art érotique !

Les caresses. Les baisers. Les mains. La bouche. Les massages. Les jeux. Les mots. Les fantasmes. Les regards. Les respirations.

Bref, tout ce qui permet à deux personnes de partager du plaisir… sans que la pénétration en soit nécessairement le centre. Alors pourquoi continue-t-elle à occuper une place aussi importante ?

➫ Parce que notre culture et notre histoire, notamment religieuses et politiques, racontent encore une histoire très particulière de la sexualité. Une histoire où le rapport commencerait avec la pénétration. Et se terminerait lorsque l’homme éjacule. Tout le reste devient alors secondaire. Car l’objectif était que les humains fassent des enfants répertoriées, c’est à dire les enfants d’un seul couple. La fidélité et la pénétration était donc le moyen le plus sûr pour engendrer une filiation.

Tout le reste, les « préliminaires », les baiser, les jeux… étaient bannis, maudits, voire interdits et punissables. C’est encore le cas dans certains pays, d’ailleurs….

Restons un instant sur le mot « préliminaires ». Je n’aime pas beaucoup ce terme. Car il laisse entendre que tout ce qui précède la pénétration est moins important. ce n’est qu’une « préparation ». Jamais un moment de sexualité à part entière. Alors que, pour beaucoup de femmes… et pour beaucoup d’hommes également… c’est justement là que se construit une grande partie du plaisir.

Réduire la sexualité à la pénétration, c’est finalement réduire une immense palette de sensations à un seul geste. Et cette vision influence profondément notre manière de faire l’amour.

Le mythe de la performance sexuelle

À partir du moment où la pénétration devient le cœur du rapport sexuel… La performance et l’anxiété qui l’accompagne devient presque inévitable.

L’homme se demande combien de temps il va tenir. S’il va perdre son érection. S’il va réussir à faire jouir sa partenaire.

La femme se demande parfois si elle va réussir à jouir « comme il faut ». Si elle met trop de temps. Si elle est normale.

Dans de nombreux couples, le plaisir laisse progressivement la place à l’évaluation. Et chacun commence à remplir une sorte de cahier des charges invisible.

  • Combien de temps ?
  • Combien d’orgasmes ?
  • Quelle position ?
  • Quelle fréquence ?

C’est comme si un rapport sexuel pouvait être réussi… ou raté.

J’ai parfois l’impression que beaucoup de couples ne font plus vraiment l’amour. Ils passent un examen. Ils vérifient si tout s’est déroulé comme prévu. Et, paradoxalement, plus ils cherchent à réussir… Moins ils sont présents à ce qu’ils vivent.

Cette pression est aujourd’hui amplifiée par la pornographie. Le porno montre rarement deux personnes qui prennent le temps de se découvrir. Il montre des performances. Des pénétrations interminables. Des orgasmes spectaculaires. Des corps toujours disponibles. Des hommes qui ne perdent jamais leur érection. Des femmes qui jouissent presque exclusivement grâce à la pénétration.

À force de regarder ces scénarios, beaucoup finissent par croire qu’ils représentent la réalité.

Ils arrivent alors dans leur propre sexualité avec une liste d’objectifs.

  • Tenir longtemps.
  • Faire jouir.
  • Être un bon coup.
  • Ne jamais montrer de faiblesse.

Et c’est précisément là que le plaisir commence souvent à disparaître. Car le corps ne fonctionne pas comme une machine que l’on évalue. Il fonctionne beaucoup mieux lorsqu’il peut simplement ressentir. Et c’est peut-être là que réside le plus grand paradoxe de notre époque. Nous n’avons jamais autant parlé de sexualité. Et pourtant, nous avons parfois oublié… comment la vivre.

Pourquoi le plaisir et le plaisir féminin ne se résume pas à la pénétration

L’une des conséquences les plus importantes de cette vision centrée sur la pénétration, c’est qu’elle fait croire que le plaisir féminin dépend essentiellement… de la pénétration. Pourtant, nous savons aujourd’hui que ce n’est pas le cas.

Chez la majorité des femmes, le clitoris joue un rôle central dans l’orgasme.

La pénétration peut être extrêmement agréable. Bien sûr, elle peut procurer du plaisir. Créer une grande proximité. Une sensation d’abandon. Une connexion profonde avec son partenaire. C’est un symbole à la fois romantique et excitant.

Mais, à elle seule, elle ne suffit pas toujours à provoquer un orgasme chez la femme. Et c’est totalement normal. Je le répète car ce n’est jamais assez dit : le clitoris est le seul organe capable de donner un orgasme et le clitoris n’est pas à l’intérieur du vagin.

Le problème, c’est que beaucoup de couples ne le savent pas. Ou l’oublient. L’homme pense que son rôle est de durer plus longtemps. La femme pense parfois qu’elle devrait réussir à jouir uniquement grâce à la pénétration.

Tous les deux finissent par croire que quelque chose ne fonctionne pas. Alors qu’ils poursuivent souvent… un objectif qui ne correspond tout simplement pas au fonctionnement du corps féminin. J’entends encore beaucoup d’hommes me dire : « Si je tenais vingt minutes de plus, elle finirait forcément par jouir. » Ce n’est malheureusement pas aussi simple.

Le plaisir féminin est bien plus riche. Bien plus varié. Il naît souvent d’un ensemble. Des caresses. Du contexte. Du sentiment de sécurité.- Du désir. Du jeu. Des changements de rythme. Des stimulations du clitoris. De la liberté de bouger. De parler. D’oser demander.

Autrement dit, le plaisir féminin ne dépend pas uniquement de ce que fait le pénis. Ouf!

Et cette idée est souvent un immense soulagement pour beaucoup d’hommes. Car elle leur permet enfin de sortir d’une responsabilité impossible : celle de croire que tout repose sur leurs performances pendant la pénétration.

Quand le porno devient une éducation sexuelle

Soyons clairs, je ne pense pas que la pornographie soit responsable de tous les problèmes sexuels. En revanche, je crois qu’elle est devenue, pour beaucoup de jeunes, la principale source d’éducation sexuelle. Et c’est là que les difficultés commencent.

Le porno n’a pas été conçu pour apprendre à faire l’amour.

Il a été conçu pour être regardé. Il cherche à stimuler rapidement. À impressionner. À créer un spectacle. C’est du cinéma avec des acteurs et des actrices payés. Qui jouent un rôle, font des performances… Le porno n’est pas là pour montrer ce qui favorise réellement le plaisir de deux personnes.

Pourtant, lorsqu’on découvre la sexualité à travers ces images, il est naturel de croire qu’elles représentent la réalité. On apprend alors que le rapport commence avec la pénétration. Qu’il faut durer longtemps. Que l’homme est responsable du plaisir de la femme. Que l’éjaculation marque la fin du rapport. Et que tout ce qui se passe avant ou après est secondaire.

Ces scénarios finissent parfois par devenir un véritable mode d’emploi. Les jeunes adultes arrivent dans leur première relation avec un scénario déjà écrit. Ils essaient de reproduire ce qu’ils ont vu. Au lieu d’écouter ce qu’ils ressentent. Au lieu de découvrir ce que leur partenaire aime réellement. Ils pensent qu’il faut faire « comme dans les films ».

Alors que la vraie sexualité fonctionne exactement à l’inverse. Elle ne se répète jamais. Elle s’invente. Elle s’ajuste. Elle se découvre. Elle change d’un partenaire à l’autre. D’un moment à l’autre.

C’est cela, finalement, l’art érotique. Non pas reproduire un scénario appris. Mais créer, à deux, une manière unique de se rencontrer.

Retrouver l’art érotique

Si je devais résumer la sexualité en une seule phrase, je dirais qu’elle est probablement l’un des espaces de créativité les plus extraordinaires que l’être humain ait inventés. Et pourtant, quel dommage que nous la réduisions trop souvent à un seul scénario.

  • Des préliminaires.
  • Une pénétration.
  • Une éjaculation.
  • Fin du rapport.

Oui, quel dommage! Car l’érotisme est tout l’inverse. C’est la curiosité. Le jeu. La surprise. Les mains qui cherchent, caressent, jouent, remplacent la pénétration. La bouche et la langue, pareil. Les regards. Les mots. Les silences. Les changements de rythme. Les pauses. Le fait de recommencer autrement. D’explorer. De rire. De sortir complètement du scénario attendu.

Faire l’amour n’a jamais consisté à répéter le même mouvement jusqu’à l’orgasme.

C’est rencontrer l’autre. Découvrir ce qui lui plaît. Oser dire ce qui nous plaît. Changer. Improviser. Créer quelque chose qui n’appartient qu’à ce couple-là.

Je crois que beaucoup de difficultés sexuelles viennent aussi de là. Nous avons appris à reproduire. Très peu à explorer. À force de croire qu’il existe une bonne façon de faire l’amour, nous avons parfois oublié qu’il en existe des milliers. Et c’est souvent lorsque les couples retrouvent cette liberté que la pression diminue.

L’homme n’a plus besoin de « tenir ». La femme n’a plus besoin de jouir d’une manière précise. La pénétration redevient une possibilité parmi d’autres. Elle retrouve sa place. Ni plus. Ni moins.

Quand cette vision de la sexualité devient un problème

Cette vision patriarcale très centrée sur la pénétration ne pose pas toujours de problème, heureusement. Beaucoup de couples vivent une sexualité épanouissante ainsi. Le problème apparaît lorsqu’elle devient la seule manière possible de faire l’amour. Lorsque tout le plaisir du couple repose sur quelques minutes de pénétration. Lorsque l’érection devient indispensable. Lorsque l’éjaculation devient le but du rapport. Lorsque la durée devient un critère de réussite. Lorsque chacun commence à s’évaluer au lieu de se rencontrer.

À ce moment-là, la sexualité perd souvent sa spontanéité. Les hommes arrivent avec la peur de ne pas durer assez longtemps. Ou, au contraire, de ne plus réussir à éjaculer.

Les femmes peuvent ressentir une pression à jouir d’une certaine manière, à un certain moment, ou finir par supporter des pénétrations qui deviennent inconfortables parce qu’elles n’osent pas interrompre le rapport. Petit à petit, le plaisir laisse sa place à la performance. Et c’est souvent là que les difficultés sexuelles apparaissent.

En consultation, nous ne cherchons pas à apprendre une nouvelle technique sexuelle. Nous essayons surtout de redonner de la liberté. La liberté de ralentir. De changer de rythme. De sortir de la pénétration sans avoir l’impression d’avoir « raté » le rapport. De remettre les caresses, les mains, la bouche, les mots, les regards et le jeu au même niveau que la pénétration.

Car je suis certaine d’une chose : un rapport sexuel n’est pas une succession d’étapes obligatoires. C’est d’abord une rencontre. Et, comme toutes les rencontres, il est vivant, change, surprend, ne suit jamais exactement le même chemin. Je crois que c’est précisément là que commence l’art érotique.

Articles complémentaires

Je suis Sonia Reboul, sexothérapeute, psycho-praticienne en hypnose, psychothérapie émotivo-corporelle et thérapies brèves.

Hypnose sexologie en ligneJ’accompagne en consultation en ligne les femmes et les hommes confrontés à des difficultés sexuelles, relationnelles ou émotionnelles. Troubles de l’érection, éjaculation précoce, baisse du désir, douleurs pendant les rapports, vaginisme, anxiété de performance, difficultés de couple, traumatismes ou estime de soi : chaque accompagnement est adapté à votre histoire et à votre rythme.

Mon approche est intégrative. Elle associe la sexothérapie, l’hypnose, les thérapies brèves, l’EMDR, la thérapie narrative, le travail corporel et la relaxation, afin de prendre en compte la personne dans toutes ses dimensions.

Je crois profondément qu’une difficulté sexuelle ne définit jamais une personne. Comme l’écrivait Michael White, fondateur de la thérapie narrative : « La personne n’est pas le problème. Le problème est le problème. »

J’accorde une grande importance à une relation thérapeutique respectueuse, humaine et dénuée de jugements ou de visions normatives de la sexualité.

Les consultations se déroulent exclusivement en ligne, dans un cadre confidentiel et bienveillant.

Vous souhaitez en savoir plus ?

Hypnose et sexothérapie en ligne

© Tous droits réservés Sonia Reboul