Sonia Reboul

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question sexualité : la responsabilité sexuelle des hommes

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Le poids de la responsabilité sexuelle des hommes et ses effets

Beaucoup d'hommes pensent qu'ils sont responsables du plaisir de leur partenaire. Découvrez pourquoi cette pression influence l'érection, l'éjaculation, le désir et la sexualité.

En consultation, j’entends très souvent cette phrase : « Ce que je veux, c’est qu’elle prenne du plaisir et qu’elle ait un orgasme. »

Et c’est toujours intéressant de me rendre compte que beaucoup d’hommes ne viennent pas uniquement me parler de leur éjaculation ou de leur érection mais du plaisir qu’il donne à leur partenaire.

C’est un poids beaucoup plus discret, comme une « petite » pression : beaucoup d’hommes ont l’impression que le plaisir de leur partenaire repose presque entièrement sur leurs épaules. Et que pour que le plaisir féminin soit idéal, ou parfait, les « il faut/je dois » s’enchaînent :

  • Ils doivent durer suffisamment longtemps.
  • Avoir une bonne érection.
  • Trouver les bonnes positions.
  • Faire jouir leur partenaire (souvent par la pénétration sinon c’est pas un vrai orgasme : merci papa Freud🙄).
  • Savoir quoi faire et quoi décider.
  • Ne jamais décevoir.

Comme si le rapport sexuel était une responsabilité unilatérale. Et d’ailleurs, si quelque chose ne fonctionne pas… ils pensent immédiatement que c’est une faute, une erreur, un dysfonctionnement. Soit ils culpabilisent, soit ils accusent leur partenaire.

Cette manière de vivre la sexualité est extrêmement fréquente. Pourtant, malgré le fait qu’elle apporte beaucoup de stress, de pression, des ruminations parfois, elle est rarement remise en question.

Sommaire

Pourquoi tant d’hommes se sentent responsables du plaisir de leur partenaire

Lorsque je demande à un homme ce qu’il attend d’un rapport sexuel, il me répond rarement : « Passer un moment agréable et prendre du plaisir à deux. » Il me dit plutôt : « Je veux qu’elle jouisse, qu’elle ait un orgasme. »

Et c’est cette différence qui est importante…. Très tôt, beaucoup d’hommes apprennent qu’un « bon amant » est celui qui sait faire jouir une femme. Qu’il doit durer. Avoir une bonne érection. Trouver les bonnes positions. Savoir quoi faire. Être expérimenté. Rassurant. Endurant.

Comme si le plaisir de leur partenaire dépendait presque entièrement de leurs performances.

Et cette idée de la responsabilité masculine est partout. Dans les films. Dans les discussions entre amis. Dans le porno. Sur les réseaux sociaux.

L’homme serait celui qui donne. La femme, celle qui reçoit.

Comme si le plaisir circulait dans une seule direction. Le problème, c’est que cette croyance place une responsabilité immense sur les épaules des hommes. Ils arrivent parfois dans leur sexualité avec une véritable mission. La faire jouir. Et si cela ne se produit pas… Ils pensent immédiatement avoir échoué.

Pourtant, cette manière de voir les choses repose sur une illusion. Le plaisir d’une personne ne dépend jamais entièrement de son partenaire. Il dépend aussi de son propre corps. De son histoire. De son désir. De son niveau de sécurité. De sa capacité à communiquer. De son excitation. De ce qu’elle ose demander. Et de mille autres paramètres qu’aucun partenaire, aussi attentionné soit-il, ne peut maîtriser à lui seul.

Quand faire plaisir devient une pression

Vouloir faire plaisir est une très belle intention. Bien évidemment. Sans ça, la sexualité n’en serait pas une. Le problème apparaît lorsque cette intention devient une obligation. À partir de ce moment-là, beaucoup d’hommes cessent progressivement de vivre leur sexualité. Ils la gèrent.

Pendant le rapport, ils ne se demandent plus : « Qu’est-ce que je ressens ? »

Ils se demandent : « Est-ce qu’elle aime ? » « Est-ce qu’elle va jouir ? » « Est-ce que je fais ce qu’il faut ? »

Ils observent. Ils analysent. Ils corrigent. Ils anticipent. Ils travaillent. Et plus ils travaillent… Moins ils habitent leur propre corps.

Et c’est souvent là que commencent les difficultés sexuelles. Certains perdent leur érection. D’autres éjaculent très rapidement. D’autres, au contraire, n’arrivent plus à éjaculer. Leur corps ne fonctionne pas « mal ». Seulement, il est devenu très difficile pour eux de ressentir pleinement ses propres sensations lorsque toute son attention est tournée vers celles de l’autre.

J’entends parfois des hommes me dire : « Je pensais tellement à son plaisir que je ne savais même plus où j’en étais. » Cette phrase résume parfaitement ce qui se passe. La sexualité devient une prestation. Une démonstration. Une preuve.

Alors qu’elle est avant tout, tout autre chose. Une rencontre. Un échange. Un plaisir partagé. A deux !

Je crois que c’est là qu’un changement de regard est nécessaire. Le plaisir d’un couple ne repose pas sur une seule personne. Il se construit à deux. Non pas parce que chacun serait responsable de 50 % du plaisir de l’autre. Mais parce que chacun est responsable de venir habiter pleinement son propre corps, d’exprimer ses envies, ses limites et ses désirs.

À partir de là, le plaisir cesse d’être une mission. Il redevient une création commune.

Le plaisir est-il vraiment la responsabilité d’une seule personne ?

Je pose souvent cette question en séance : Qui est responsable du plaisir d’un couple ? Et j’ai entendu beaucoup d’hommes répondent spontanément : « Moi. » Comme si c’était une évidence.

Pourtant, si l’on y réfléchit quelques instants, cette idée est impossible. Personne ne peut décider à la place de l’autre ce qu’il ressent. Personne ne peut contrôler son désir. Son excitation. Son orgasme. Son histoire. Son état émotionnel.

Même le partenaire le plus attentif du monde ne peut pas fabriquer le plaisir de l’autre. En revanche, il peut créer des conditions favorables :

  • Être à l’écoute.
  • Respecter les envies.
  • Communiquer.
  • Explorer.
  • Proposer.

Mais il ne peut pas vivre le plaisir à sa place. C’est une différence essentielle. Car lorsque l’on croit être responsable du plaisir de l’autre, chaque rapport devient une évaluation.

Si elle jouit, je suis un bon amant.

Si elle ne jouit pas, j’ai échoué.

C’est un poids terrible à porter! Car la sexualité devient alors une prestation, une anxiété à elle seule. Alors qu’elle devrait rester une rencontre. Je crois qu’il est beaucoup plus juste de voir le plaisir comme une création commune. Chacun apporte son corps. Son désir. Ses envies. Sa curiosité. Ses mots. Ses gestes. Et chacun reste aussi responsable d’habiter pleinement son propre plaisir.

Cette manière de vivre la sexualité enlève un poids immense. Car elle ne demande plus à une seule personne de porter ce qui appartient au couple.

Pourquoi cette croyance fait aussi souffrir les femmes

Cette pression ne fait pas souffrir uniquement les hommes. Elle pèse aussi sur beaucoup de femmes. Parce que si l’homme est censé être responsable de son plaisir… Alors la femme finit parfois par croire qu’elle doit, elle aussi, jouer un rôle. Certaines simulent un orgasme. Non pas pour manipuler leur partenaire. Mais parce qu’elles voient bien qu’il s’inquiète. Qu’il cherche à bien faire. Qu’il se remet en question.

Les femmes veulent rassurer leur partenaire. Et c’est une immense pression.

D’autres n’osent pas dire ce qu’elles aiment réellement. Par peur de le blesser. Par peur qu’il pense ne pas être à la hauteur. Ou parce qu’elles ont elles aussi appris qu’un « bon rapport » devait se terminer d’une certaine manière.

Le résultat est paradoxal. Deux personnes qui veulent protéger l’autre. Et qui, sans le vouloir, finissent par ne plus être complètement sincères. Lui fait semblant d’être sûr de lui. Elle fait parfois semblant d’avoir pris du plaisir. Et chacun repart avec l’impression d’avoir rempli son rôle. Mais pas toujours avec le sentiment d’avoir été pleinement rencontré. Et pas toujours en ayant pris du plaisir.

Je crois que l’une des plus belles évolutions d’un couple consiste justement à sortir de cette logique. Pouvoir dire : « J’aimerais autre chose. » « Continue. » « Arrête. » « J’ai envie de prendre mon temps. » « Aujourd’hui, je n’ai pas envie de pénétration. »

Sans que ces phrases deviennent une critique ou une remise en question de l’autre. Car le plaisir n’est pas un examen que l’un fait passer à l’autre. C’est une conversation. Parfois avec des mots. Très souvent avec les corps. Et cette conversation devient infiniment plus riche le jour où chacun cesse de porter, seul, le plaisir de l’autre.

Retrouver une sexualité plus libre et plus partagée

Si j’avais une baguette magique et que je pouvais changer une seule chose dans notre manière de vivre la sexualité, ce serait probablement celle-ci : Arrêter de croire qu’un partenaire est responsable du plaisir de l’autre.

Cette idée paraît romantique. En réalité, elle met une pression immense sur les couples. Elle demande à l’homme de toujours savoir quoi faire. Elle demande parfois à la femme d’attendre qu’on lui donne du plaisir, sans toujours oser dire ce qu’elle aime, guider, participer ou explorer.

Et chacun finit par porter un rôle.

Lui doit réussir. Elle doit apprécier.

Je crois que la sexualité est beaucoup plus belle lorsqu’on sort de cette logique. Lorsque chacun devient acteur de son propre plaisir. Cela ne signifie pas devenir égoïste. Bien au contraire. C’est accepter que le plaisir se construit ensemble.

  • Je peux te dire ce que j’aime.
  • Tu peux me dire ce que tu aimes.
  • Nous pouvons essayer.
  • Changer.
  • Rire.
  • Nous tromper.
  • Recommencer autrement.

Il n’y a plus celui qui donne et celle qui reçoit. Il y a deux personnes qui explorent.

Et cette manière de vivre la sexualité change énormément de choses.

Car l’homme n’a plus besoin de porter seul la réussite du rapport. Et la femme n’a plus besoin d’attendre que son partenaire devine ce qui lui fait du bien. Le couple cesse de chercher la performance. Il retrouve de la curiosité. Et, très souvent, c’est précisément à ce moment-là que le plaisir réapparaît. Parce qu’il n’est plus attendu. Il est vécu.

Quand consulter ?

Si vous avez l’impression que votre sexualité est devenue une succession d’obligations… Que vous vous sentez responsable du plaisir de votre partenaire… Que vous avez peur de décevoir. Que vous surveillez davantage vos performances que vos sensations. Ou que vos rapports ressemblent plus à un examen qu’à une rencontre…

Alors il peut être utile d’en parler.

En consultation, nous ne cherchons pas à faire de vous un meilleur amant. Nous cherchons à comprendre pourquoi vous avez parfois l’impression que vous devez l’être. Nous travaillons sur le stress autour de la sexualité. Sur les croyances. Sur le système nerveux. Sur les émotions. Mais aussi sur une question beaucoup plus simple :

Comment retrouver une sexualité où chacun peut être pleinement présent, plutôt que constamment préoccupé par ce qu’il devrait faire ?

Car, au fond, un rapport sexuel n’est pas une prestation. Ce n’est pas un service que l’on rend. Ce n’est pas un examen que l’on passe. C’est une rencontre. Un moment à deux. Et les plus belles rencontres sont rarement celles où chacun cherche à être parfait.

Ce sont celles où chacun se sent suffisamment en confiance pour être vrai.

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Je suis Sonia Reboul, sexothérapeute, psycho-praticienne en hypnose, psychothérapie émotivo-corporelle et thérapies brèves.

Hypnose sexologie en ligneJ’accompagne en consultation en ligne les femmes et les hommes confrontés à des difficultés sexuelles, relationnelles ou émotionnelles. Troubles de l’érection, éjaculation précoce, baisse du désir, douleurs pendant les rapports, vaginisme, anxiété de performance, difficultés de couple, traumatismes ou estime de soi : chaque accompagnement est adapté à votre histoire et à votre rythme.

Mon approche est intégrative. Elle associe la sexothérapie, l’hypnose, les thérapies brèves, l’EMDR, la thérapie narrative, le travail corporel et la relaxation, afin de prendre en compte la personne dans toutes ses dimensions.

Je crois profondément qu’une difficulté sexuelle ne définit jamais une personne. Comme l’écrivait Michael White, fondateur de la thérapie narrative : « La personne n’est pas le problème. Le problème est le problème. »

J’accorde une grande importance à une relation thérapeutique respectueuse, humaine et dénuée de jugements ou de visions normatives de la sexualité.

Les consultations se déroulent exclusivement en ligne, dans un cadre confidentiel et bienveillant.

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