HYPNOSE SEXOTHÉRAPIE EN LIGNE
Sonia Reboul > Tous les articles Hypnose et Sexualité > Anéjaculation : quand l’éjaculation ne vient pas
« Je suis excité, j’ai une érection, je prends du plaisir… mais je n’arrive pas à éjaculer. » C’est une difficulté dont on parle encore très peu. Et pourtant, elle existe et de plausible en plus… Certains hommes restent excités pendant vingt, trente, parfois quarante minutes. Ils sentent que le plaisir monte. Ils approchent. Puis rien.
Comme si le corps restait bloqué juste avant le fameux point de non-retour. À force, le rapport devient long. Fatigant. Parfois frustrant pour les deux partenaires. L’homme commence à se demander ce qui ne va pas. Sa partenaire peut croire qu’elle ne lui plaît pas assez.
Et plus chacun cherche une explication, plus la pression monte. C’est là que l’on parle parfois d’anéjaculation, lorsque l’éjaculation devient très difficile ou impossible malgré une excitation présente. La cause n’est pas toujours unique. Il peut y avoir des facteurs médicaux, médicamenteux, hormonaux ou neurologiques qu’il faut évidemment éliminer.
Mais lorsqu’aucune cause organique claire n’explique la difficulté, on retrouve très souvent autre chose : du stress, un contrôle permanent, des habitudes sexuelles très installées, une consommation importante de porno, une masturbation très spécifique, une difficulté à revenir dans ses sensations ou simplement un corps qui n’arrive plus à franchir cette dernière étape.
Et c’est précisément là que l’hypnose peut devenir intéressante. On ne va pas bien sûr « forcer » l’éjaculation. Mais pour comprendre ce qui bloque, desserrer le contrôle et permettre au corps de retrouver une manière plus naturelle de vivre l’excitation.
L’anéjaculation désigne une difficulté à éjaculer, voire une impossibilité complète d’éjaculer et donc de parvenir à l’orgasme, malgré une excitation sexuelle présente. L’homme peut avoir du désir. Il peut avoir une érection. Il peut prendre du plaisir. Et pourtant, l’éjaculation ne vient pas.
Parfois, elle ne vient jamais pendant les rapports sexuels. Parfois, elle reste possible seul, avec une masturbation très précise, mais devient extrêmement difficile avec une partenaire.
Voilà pour la théorie. Dans les faits, il faut aussi distinguer plusieurs situations.
C’est pour cette raison qu’on ne peut pas réduire l’anéjaculation à une seule cause.
Ce symptôme demande toujours de regarder l’ensemble : le corps, les médicaments, les habitudes sexuelles, le contexte relationnel, le niveau de stress, la manière de vivre l’excitation et ce qui se passe mentalement pendant le rapport.
C’est souvent ce que les hommes décrivent le mieux. « J’y suis presque… mais je n’y arrive jamais. » Ou : « Je sens que ça monte, mais ça bloque juste avant. »
Il est important de noter que l’excitation sexuelle n’est pas un interrupteur. Ce n’est pas on-off : l’excitation monte progressivement. On pourrait l’imaginer sur une échelle de 0 à 10. À 2 ou 3, l’excitation commence. À 5 ou 6, elle devient plus nette. À 7 ou 8, le plaisir est important. Puis arrive un moment particulier : ce qu’on appelle le fameux point de non-retour.
À partir de là,, normalement, l’éjaculation devient difficile à interrompre Chez certains hommes qui souffrent d’anéjaculation ou d’éjaculation très retardée, l’excitation monte correctement… puis reste bloquée juste avant. Ils peuvent rester longtemps à 7 ou 8 sur 10. Ils sont excités.
Ils prennent du plaisir. Mais ils ne franchissent jamais cette dernière étape. Et plus le rapport dure, plus ils commencent à penser.
À ce moment-là, la sexualité commence à changer de nature. On ne ressent plus seulement. On vérifie. On attend. On surveille. On essaie de provoquer quelque chose qui, normalement, devrait se produire spontanément. On entre dans notre fameuse anxiété de performance sexuelle, ou stress sexuel. Et cette pression peut justement maintenir le corps dans cet état intermédiaire : excité, mais incapable d’aller jusqu’au bout.
Il n’existe pas une cause unique de l’anéjaculation. Et c’est important de le dire clairement, parce que beaucoup d’hommes cherchent immédiatement une explication psychologique alors qu’il faut parfois commencer par vérifier le corps.
Certaines causes peuvent être médicales. Des médicaments, notamment certains antidépresseurs, peuvent retarder fortement l’éjaculation ou la rendre impossible. Des troubles neurologiques, hormonaux, métaboliques ou certaines interventions chirurgicales peuvent également avoir un impact.
Lorsqu’une difficulté apparaît brutalement ou qu’elle persiste, un avis médical est donc indispensable pour éliminer une cause organique.
Mais il existe aussi de nombreuses situations dans lesquelles le corps fonctionne parfaitement sur le plan médical. L’homme peut d’ailleurs parfois éjaculer seul. C’est là que l’on commence à regarder ce qui se passe autrement. On retrouve souvent plusieurs éléments qui se mélangent :
Chez certains hommes, la difficulté se situe donc moins dans le manque d’excitation que dans l’impossibilité de laisser cette excitation aller jusqu’au bout.
Le corps monte. Le plaisir est là. Mais quelque chose retient. Et c’est précisément ce « quelque chose » qu’il faut comprendre avant de chercher à le corriger.
Chez beaucoup d’hommes, la difficulté à éjaculer n’est pas liée à un manque d’excitation. Elle est liée au fait qu’une partie d’eux reste en permanence en train de surveiller ce qui se passe.
À force, l’homme n’est plus seulement dans son corps. Il est aussi dans sa tête. Il observe. Il analyse. Il attend. Et plus il attend l’éjaculation, plus elle devient difficile.
Je retrouve souvent cette phrase en séance :
« Plus j’essaie de jouir, moins j’y arrive. »
C’est très logique. L’éjaculation demande une montée d’excitation suffisamment importante pour franchir le point de non-retour. Mais lorsque le cerveau reste occupé à contrôler, anticiper, surveiller ou rassurer l’autre, cette montée peut rester incomplète.
Le corps est excité, mais il ne se laisse pas aller jusqu’au bout. Certaines personnes utilisent spontanément l’expression « lâcher prise ». Je la trouve parfois un peu vague. Dans les faits, il s’agit surtout de réussir à quitter ce rôle de contrôleur.
Il est fréquent qu’un homme qui n’arrive pas à éjaculer avec une partenaire y parvienne parfaitement lorsqu’il se masturbe. C’est une information importante. Elle montre que le mécanisme physiologique de l’éjaculation fonctionne. La question devient alors :
Parfois, beaucoup de choses. Un homme peut s’être habitué pendant des années à une manière très précise de se masturber. Toujours la même main. Toujours la même pression. Toujours le même rythme. Toujours la même position. Parfois avec des vidéos très stimulantes, beaucoup de changements d’images, des scénarios particuliers ou une excitation entretenue longtemps avant l’orgasme.
Le cerveau apprend. Il associe progressivement l’éjaculation à cet ensemble très spécifique de sensations. Puis arrive une relation sexuelle réelle. La pression n’est pas la même. Le rythme change. Les sensations sont différentes. La stimulation n’est pas constante. Et surtout, l’attention n’est plus seulement tournée vers soi.
Il y a l’autre. Son corps. Ses réactions. Ses attentes supposées. Ses mouvements.
Parfois, l’homme prend beaucoup de plaisir, mais il ne retrouve jamais exactement les conditions auxquelles son cerveau s’est habitué pour franchir le point de non-retour. Cela ne signifie pas que la masturbation ou le porno sont « mauvais ».
Cela signifie simplement que certaines habitudes peuvent devenir très spécifiques. Et qu’il peut être utile, parfois, de réapprendre à varier. Varier la pression. Le rythme. La position. Se masturber sans écran. Ralentir. Porter davantage attention aux sensations. Et surtout cesser d’utiliser systématiquement la méthode qui garantit l’éjaculation la plus rapide.
L’idée n’est pas de supprimer la masturbation.C’est de redonner au corps plusieurs chemins possibles vers le plaisir.
L’hypnose n’a pas pour fonction de déclencher mécaniquement une éjaculation. Et je ne cherche certainement pas à « programmer » quelqu’un pour qu’il jouisse. Le travail est beaucoup plus intéressant que cela. Nous cherchons d’abord à comprendre ce qui empêche l’excitation d’aller jusqu’au bout.
L’hypnose et l’hypnose somatique telle que je la pratique permet alors de travailler sur plusieurs niveaux. Elle aide d’abord à sortir de cette surveillance permanente. À déplacer l’attention. À revenir dans les sensations du bassin, du souffle, du plaisir. À laisser l’excitation évoluer sans vérifier constamment où elle en est. On peut également travailler sur les associations qui se sont installées avec le temps.
Par exemple :
Ces pensées peuvent sembler anodines. Pendant un rapport, elles peuvent pourtant devenir une véritable charge mentale. Progressivement, le travail consiste à redonner davantage de place au corps. À sentir les premiers niveaux d’excitation. À reconnaître comment elle monte. À identifier les moments où l’on recommence à contrôler. Et à apprendre à laisser la montée continuer au lieu de l’interrompre mentalement.
Chez certains hommes, cela passe également par des exercices à faire entre les séances : modification des habitudes de masturbation, exploration sans objectif d’orgasme, travail sur les sensations ou diminution temporaire de certaines stimulations très spécifiques.
L’objectif reste toujours le même : retrouver de la souplesse.
Que l’éjaculation redevienne une possibilité naturelle de la sexualité. Pas une épreuve à réussir.
Une difficulté occasionnelle à éjaculer n’a rien d’inquiétant. La fatigue, le stress, l’alcool, certains médicaments, une période difficile ou simplement une excitation moins importante peuvent modifier ponctuellement la réponse sexuelle.
En revanche, il devient intéressant de consulter lorsque la situation se répète. Lorsque vous n’arrivez presque jamais à éjaculer avec votre partenaire. Lorsque les rapports deviennent très longs. Lorsque vous commencez à éviter la sexualité parce que vous savez déjà que vous allez devoir « essayer de finir ». Lorsque votre partenaire se demande si elle vous plaît encore. Ou lorsque vous êtes parfaitement capable d’éjaculer seul, mais quasiment jamais à deux.
Un avis médical est également important lorsque le problème apparaît brutalement, notamment pour vérifier un éventuel effet médicamenteux ou une cause physique.
Si aucune cause médicale ne suffit à expliquer la difficulté, une sexothérapie ou un accompagnement par l’hypnose peuvent permettre d’explorer ce qui se passe réellement pendant vos rapports.
Le plus important est de ne pas laisser l’éjaculation devenir le centre de toute votre sexualité. Parce qu’à force de se demander : « Est-ce que je vais réussir à jouir ? » on finit parfois par ne plus sentir grand-chose de tout ce qui se passe avant. Et c’est souvent en sortant progressivement de cette obligation de résultat que le corps retrouve davantage de liberté.
Hypnose et sexothérapie en ligne
© Tous droits réservés Sonia Reboul